« Ce
qu’il y a de plus
terrible dans la communication, c’est l’inconscient
de la communication. »
PIERRE BOURDIEU
« le
multimédia et
Internet créent une rupture qui pourrait, à
terme, bouleverser tout le champ de
la communication » p.7
Une nouvelle
police de la pensée ?
« l’information
est
avant tout considérée comme une marchandise, et
[…] ce caractère l’emporte, de
loin, sur la mission fondamentale des médias :
éclairer et enrichir le
débat démocratique. » p.10
L’auteur
étudie ensuite deux affaires où il y a eu
« surmédiatisation » :
l’affaire Clinton-Lewinsky et la mort de Lady Diana.
« Du
Nigéria au Sri Lanka, du Japon à la
Nouvelle-Zélande, son enterrement fut
diffusé, en direct, par des centaines de chaînes
de télévision. 2,5 milliards
de téléspectateurs ont regardé ces
funérailles. » p.12
Pour
la sociologue Françoise Gaillard « La
disparition de la princesse a été
l’occasion de verser toutes sortes de larmes trop
contenues »
Paparazzi et
presse people
« dont la
tâche vise
à rendre public du privé ».
« Les
paparazzi ne sont que le résultat de la situation
générale des médias, une
situation dominée par le marché et le
profit. »
« Les
magazines s’intéressent davantage aux princesses
qu’à la
Tchétchénie. »
Court-circuit
médiatique
« Lors
de l’accident mortel de Diana, ce qui s’est
produit, c’est une sorte de court-circuit
médiatique, l’accession soudaine
d’un personnage people de feuilleton,
de telenovela, au statut digne de la presse
sérieuse et de
référence ».
L’affaire
Clinton-Lewinsky
« Tout
a commencé quand un certain Matt Drudge a envoyé
sur son site Internet, The
Drudge Report, le contenu des propos
téléphoniques enregistrés
(…) de Mlle
Levinsky », « Si bien que
l’irruption de la nouvelle dans la sphère
Internet a affolé la presse écrite, laquelle,
pour revenir dans la course,
s’est mise à traquer les scoops avec un seul
objectif en tête, ne pas se
laisser distancer par Internet. »
En
1997, 56 % des Américains « estiment que
les faits rapportés par les
médias sont « souvent inexacts » ».
Le journalisme
de révélation
La presse écrite, en
réaction à ce nouveau culte de l’image,
s’est lancée dans la
« découverte
de nouveaux territoires d’information, qui sont : la
vie privée des
personnalités publiques et les scandales liés
à la corruption et
l’affairisme »
« L’affaire
[Clinton-Lewinsky] a été, de loin, la plus
couverte par les médias américains
en 1998. ABC, CBS et NBC lui ont consacré plus de temps (43
h !) qu’à la
totalité des autres grandes crises nationales ou
internationales : grève
des ouvriers américains de l’automobile,
[…] crises financières asiatique et
russe, conflit avec l’Irak, […] essais
nucléaires en Inde et au Pakistan, et
négociations de paix au Proche-Orient. »
Recours aux
archives
« 95%
des informations publiées sur la relation entre M. Clinton
et Mlle Levinsky
provenaient de la même source (…) unique,
partisane et manipulatrice : le
bureau du procureur Kenneth Starr » p.29
« La
disproportion entre l’événement
supposé et le harcèlement des médias
devint
telle que certains soupçonnèrent M. Clinton
d’avoir inventé de toutes pièces
les crises contre Bagdad, en février et en
décembre 1998, pour dévier sur
l’Irak et M. Saddam Hussein la puissance maléfique
des médias ».
Mimétisme
médiatique
Le
mimétisme désigne le fait que les
médias traitent un sujet parce que les autres
le traitent, et ceci dans le but de ne pas être en retard sur
l’information.
« Cette imitation délirante,
poussée à l’excès, provoque
un effet boule de
neige et fonctionne comme une sorte
d’auto-intoxication : plus les médias
parlent d’un sujet, plus ils se persuadent, collectivement,
que ce sujet est
indispensable, central, capital » p.33
L’auteur parle d’une « spirale
vertigineuse, enivrante, jusqu’à la
nausée », qui a pour cause la
concurrence.
L’hyperémotion
Elle
est pour I. Ramonet une « figure
caractéristique de la
surinformation ».
« Le
journal télévisé, dans sa fascination
pour le « spectacle de
l’événement »,
a déconceptualisé l’information et
l’a replongée peu à peu dans le
marécage du
pathétique ».
« nouvelle équation informationnelle
[…] :
« Si l’émotion que vous
ressentez en regardant le journal
télévisé est
vraie, l’information est
vraie » ».
« Se fondant sur l’idée,
très à la mode, qu’il existerait une
« intelligence
émotionnelle » »,
« Au mépris, réel, de
l’analyse, prétendument
facteur d’ennui. »
Vers un
« messianisme
médiatique » ?
« Tous ces
nouveaux
phénomènes […] ont convergé
et pris soudain corps, à l’échelle
planétaire, lors
de l’affaire Diana, en septembre 1997 »
« Diana
devenait un événement à la fois
politique, diplomatique, sociologique,
culturel, humain, concernant toutes les couches sociales dans tous les
pays du
monde »
« Scepticisme.
Méfiance. Incrédulité. Tels sont,
à l’égard des médias, les
sentiments
dominants des citoyens » Une des raisons ?
« les mensonges et
mystifications de la guerre du Golfe -
« l’Irak , quatrième
armée du
monde » […], « une
ligne défensive inexpugnable »,
« les
frappes chirurgicales » ».
L’auteur fait également
référence au
« faux charnier de Timisoara »
comme source de ce malaise. Il
distingue un premier âge du soupçon, où
ce dernier était porté contre le
politique, accusé de vouloir manipuler les gens par les
médias, d’un
« second âge du
soupçon » qui correspond à la
« conviction » chez les citoyens
« que le système informationnel
en lui-même n’est pas fiable, qu’il a des
ratés » p.42. Il cite Ryszard
Kapuscinski : « De nos jours, le
rédacteur en chef ou le directeur
d’un journal ne demandent plus qu’une information
soit vraie, mais qu’elle soit
intéressante. »
La
télévision, premier média
d’information
« Au sein des
médias,
depuis la guerre du Golfe, en 1991, la télévision
a pris le pouvoir. »
« C’est elle […] qui fixe les
thèmes de
l’actualité ». Avant,
« le JT imitait, copiait la presse
écrite »,
« Désormais, c’est
l’inverse : la télévision
dicte la norme, c’est elle qui […] contraint les
autres médias, en particulier la presse écrite,
à suivre. » En conséquence
« la télévision impose aux
autres moyens d’information ses propres
perversions, avec, en premier lieu, sa fascination pour
l’image. Et cette
idée fondatrice : seul le visible mérite
l’information ; ce qui n’est
pas visible et n’a pas d’image n’est pas
télévisable, donc n’existe pas
médiatiquement ».
« Les événements producteurs
d’images fortes […]
prennent dès lors le dessus dans
l’actualité » p.45
« De ce fait,
même
les médias réputés sérieux
en viennent à négliger des crises graves,
qu’aucune
image ne permet de faire exister
concrètement. »
L’image
oblitère le son
« l’image,
quand elle
est forte, oblitère le son et l’œil
l’emporte sur l’oreille »,
« certaines réalités sont
strictement interdite d’images, ce qui est le moyen
le plus efficace de les occulter. Pas d’image, pas de
réalité. » C’est
pour cela qu’aucune guerre depuis celle du Vietnam, qui a
marqué une prise
de conscience des états-majors des conséquences
de la visibilité d’une guerre
sur l’opinion publique, « n’a
fait l’objet de transparence en matière
d’information. »
La
censure
démocratique
« La plupart des
organismes publics ou privés, tout autant lucides, se sont
massivement dotés
d’attachés de presse et de chargés de
communication, dont la fonction n’est
autre que de pratiquer la version moderne,
« démocratique » de la
censure ».
Cette censure
« par
opposition à la censure autocratique » se
fonde sur « l’accumulation,
la saturation, l’excès et la surabondance
d’informations ».
« Tout
image »/ « zéro
image »
« […]
abus de plus en
plus fréquents : la nécessité
impérative de disposer d’images conduit en
effet à élaborer des faux ou à
recourir aux archives de façon très
approximative […] à reconstituer des
scènes à l’aide de comédiens
ou d’images
de synthèse »
Tam-tam planétaire
« Elle [la
télévision] peut […] transformer un
événement […] en affaire centrale de
la
planète ». A l’inverse
« des faits majeurs peuvent […]
échapper à
l’attention du monde » p.52
L’«effet paravent »
« les
pouvoirs l’ont compris, qui profitent de la
distraction du village planétaire, occupé
à suivre avec passion un grand
« drame » de
l’information, pour conduire quelque action
critiquable » ,
« l’information occulte
l’information ». « Ainsi les
Etats-Unis profitèrent de l’émotion
planétaire soulevée par la
« révolution »
roumaine en décembre 1989
pour envahir, aux mêmes dates, le
Panama ».
La fureur de connecter
Celle-ci a
été à son
« paroxysme » lors de la guerre
du Golfe où « la
télévision […]
a littéralement exhibé ses capacités
technologiques modernes et sa maîtrise,
pas toujours parfaite, des branchements : Washington, Amman,
Jérusalem,
Dahran, Bagdad, Le Caire se succédaient vertigineusement
à l’écran ».
« Depuis, toutes les chaînes ont
imité CNN, et le moindre événement
local
[…] donne lieu à une hystérie de
branchements, à une folie des connexions
reposant sur des dizaines d’« envoyés
spéciaux ». »
« Sam Donaldson,
correspondant à la chaîne ABC à la
Maison-Blanche lors de l’affaire
Clinton-Lewinsky, confirme que, fort souvent, les journalistes
n’ont rien de
neuf à proposer : « On
s’interviewe les uns les autres parce qu’on a
personne d’autre à qui
parler. » Il s’agit de
démontrer à tout prix
que le système fonctionne, que la machine
« communique », et non pas
qu’elle informe. » p.55
La vie est un match
« au journal
télévisé
[…], l’information principale n’est pas ce
qui s’est passé mais comment le
présentateur nous dit ce qui s’est
passé. Pourtant récemment, ce
modèle a été remplacé par
un autre, celui du journalisme sportif. La vie est
considérée comme un match, rien n’y
compte plus que les images de
l’événement
sur lequel, comme pour le match, il n’y a pas grand-chose
à dire. »
Ainsi une des principales émissions de la
chaîne Euronews, s’appelle No
comment…
« Voilà
ce que croit
aujourd’hui la télévision :
qu’elle a le pouvoir de donner à voir
« L’histoire
en train de se faire », et que donner
à voir, c’est faire comprendre
d’un seul et même coup. » p.58
Inutiles journalistes
« La principale
conséquence […] n’importe qui vaut un
journaliste et réciproquement ».
L’auteur rappelle l’utilisation de plus en plus
fréquente des propos de
témoins :
« l’important, c’est le
branchement et son « effet de
réel » : celui qui parle est sur
place, cela est une garantie
d’authenticité ».
« Ce système signe la ruine du
véritable
journalisme d’enquête puisqu’un
« témoin » […]
devient […] une valeur
absolue, et que l’on exige de tout journaliste
qu’il le devienne. »
« Il faut que
cela
aille vite, très vite : « Slow
news, no news », tel est
le slogan de CNN. Tout cela « fait
vivant », tout cela
« communique », c’est
l’essentiel. »
Qu’est-ce que la
crédibilité ?
« Un rapport de
confiance s’établissait […] entre
présentateur et téléspectateur
[…] selon
l’idée qu’une personne qui vous regarde
dans les yeux ne peut vous
mentir. »
C’est vrai parce que
c’est technologique
« nous le
croyons
parce que nous sommes bluffés, parce qu’il nous
intimide nous impressionne […]
et nous persuade qu’un système capable de telles
prouesses technologiques ne
peut mentir » p. 63
Reproduire les
événements
En parlant de la
méfiance
croissante envers les médias :
« cette déception arrive après
la
médiaphilie des années 1970 et 1980, quand le
journalisme, en tant que
« quatrième pouvoir »,
était présenté comme un recours
possible
contre les trois autres » cf. l’affaire du
Watergate
Le
« réalisme
démocratique »
« le journaliste
fut
présenté comme le
« héros
positif » ».
« conscience
actuelle
qu’ont ces citoyens du danger induit par une information
séduisante »
« s’informer
fatigue
et la démocratie est à ce
prix »
Presse, pouvoirs et
démocratie
« les
médias ne se
trouvent plus […] en relation de dépendance avec
le pouvoir politique ;
l’inverse est bien souvent le cas » p.69
« On ne peut
plus dissocier […] les différents
médias :
presse écrite, radio et télévision.
Ils sont désormais enchaînés les uns
aux
autres », « nous sommes en train
de passer à un pouvoir horizontal,
réticulaire et consensuel. »
Le deuxième
pouvoir
« le premier
pouvoir est aujourd’hui clairement
exercé par l’économie. Le second
[…] est certainement médiatique –
instrument
d’influence, d’action et de décision
incontestable », « le pouvoir
politique ne vient plus qu’au troisième
rang »
Une méfiance
nouvelle
« l’émergence
[…] chez les citoyens, d’une méfiance,
d’une distance critique ».
« La radio
conserve, elle, malgré tout, une
certaine confiance. »
Le modèle
Watergate
« il
n’y a pas si longtemps, la presse était
créditée d’une capacité
assez spectaculaire à révéler les
dysfonctionnements de
la politique ». « Dans de
nombreux récits et fictions de la culture
de masse, le héros principal, redresseur de torts et
justicier, est un
journaliste. » cf. Superman, Spiderman, Tintin.
La vérité
médiatique
« Pourquoi cette
noble conception du journalisme s’est-elle
effondrée ? »,
« le
tournant dans l’approche théorique de
l’information s’est situé lors de cette
année de tous les événements
qu’a été 1989 ».
« on pense
désormais facilement que, puisque les
larmes sont vraies,
l’événement qui en est à
l’origine l’est
aussi » « Cette
rhétorique a conféré à la
télévision un rôle pilote
en matière d’information, grâce
à son monopole sur l’image
animée »
« est
désormais vrai ce que l’ensemble des
médias
accréditent comme tel »
Un génocide
occulté
Il s’agit du
génocide rwandais :
« Les informations sur cet
événement furent d’abord confuses car
elles
n’arrivèrent en France que début mai
– les massacres avaient commencé dès le
mois d’avril - c’est-à-dire au moment
où tous les médias étaient
occupés à
couvrir le Festival de Cannes. Il est très significatif
[…] que ces derniers
aient alors consacré plus d’espace à
évoquer ce « grand
événement »
qu’était le film de Bernard-Henri Lévy,
Bosna !, qu’à
parler du
Rwanda. »
« si le
génocide a
effectivement eu lieu, nous n’en avons, pour ainsi dire, pas
eu d’images
(prouvant ainsi que les grands événements
n’en produisent pas
forcément) », « on a
pu, au final, exterminer entre 500 000 et 1
million de personnes sans que ce soit visible ».
« Les seules images
abondantes étaient des images d’exode biblique
[…]. Or, comme on le sait
aujourd’hui, ces infortunés
exténués […]
n’étaient point les victimes, mais
essentiellement, les bourreaux, les auteurs du
génocide ! Comment cela a-t-il
été possible ? Parce que ce
modèle d’information profondément
manichéen, ne peut pas tenir un discours
complexe.» p.84
Censure et
propagande
« Ces principes
de
fonctionnement de l’information
télévisée rendent très
difficile l’articulation
de l’équation : information =
liberté = démocratie ».
L’auteur
parle également d’une
« information – délation - spectacle ».
« Comment
occulte-t-on l’information aujourd’hui ?
Par un ajout
d’informations : l’information est
dissimulée ou tronquée parce qu’il y en
a trop à consommer »
cf. la guerre du golfe
où
« ils ont montré tellement
d’images que tout le monde a cru voir la
guerre […] en fait elles cachaient la guerre, au
point que Jean
Baudrillard a pu écrire un live intitulé La
Guerre du Golfe n’a pas eu lieu. »
La censure
journalistique
Expression de Patrick
Champagne, « consistant pour tout journaliste qui
veut faire normalement
carrière dans le métier, à ne pas
critiquer les pratiques critiquables de ses
confrères ». Citation de P.
Champagne : « Les médias, pour
se
vendre, doivent donner d’eux-mêmes une bonne image,
et doivent au moins faire
croire en leur intégrité et en leur
impartialité ».
Invisible
censure
Ce type de censure
s’oppose à celle des années 1960 et
1970 « comme en France durant la
guerre d’Algérie, certains journaux publiaient
leurs pages avec du blanc à la
place des articles que la censure avait interdits. »
Maintenant, on ne
voit plus qu’on nous dissimule des informations.
« On ne peut se
contenter de croire à la thèse du complot,
où un comité secret tirerait toutes
les ficelles ; la réalité
médiatique est beaucoup plus complexe »
Être journaliste
aujourd’hui
« Plus
un système
est hégémonique, plus l’imagination est
frappée du moindre de ses revers »
JEAN BAUDRILLARD
« On assiste
à une
véritable et formidable taylorisation de leur
métier », « centaines
de journalistes réduits à
l’état de soutiers » p.94
« Un des
maîtres du
journalisme contemporain, le Polonais Ryszard Kapuscinski, fait un
constat
encore plus accablant : « […] Aux
Etats-Unis, on utilise désormais les
termes media workers pour désigner les
personnes qui travaillent dans
les journaux. Cela illustre l’anonymat. […]
C’est important, parce que dans ce
contexte, personne n’est plus directement
responsable. »
De l’éthique
L’auteur fait ici le
constat que l’information coûte de moins en moins
cher à produire, et qu’en
conséquence il y a un sur-traitement des faits divers et que
de
« sérieuses
concessions » sont faites « au
journalisme de
caniveau ».
Le poids de
l’économie
Citation de R.
Kapuscinski : « Au cours des dix ou vingt
dernières années […] on a
assisté à de grandes batailles pour le
contrôle des médias, mettant en jeu des
multinationales ayant compris que l’information
n’était pas seulement un
instrument de propagande, mais pouvait rapporter de
l’argent. » Cela
explique qu’« il y a beaucoup de cas
d’abandon, voire de connivence
assumée ».
La fin d’un
monopole
« Les
journalistes
ont progressivement perdu, à partir de la fin des
années 1960, le monopole […]
de diffuser librement des informations ».
L’auteur parle d’un
« univers communicationnel »
où « les acteurs économiques
[…] ,
politiques […] , sociaux […] ou culturels
[…] produisent de l’information, ont
leur propre journal, leur propre bulletin, leurs propres responsables
de la
communication. La communication, dans ce sens-là, est un
« discours émis
par une institution et qui flatte celle-ci ».
L’auteur peut donc parler de
« disparition de la
spécificité du journalisme »
dans un monde où
notamment avec Internet, chaque citoyen peut devenir journaliste. p.103
S’informer,
une activité
« On ne peut
pas, par
exemple, s’informer exclusivement grâce au journal
télévisé qui, par sa
structure fictionnelle, demeure avant tout conçu pour
distraire et
divertir »
Informer sur
l’information
« S’informer
[…]
c’est aussi s’intéresser à
l’information elle-même, à la
communication. »,
« Les médias ne doivent plus faire
semblant de croire qu’ils sont l’œil
qui regarde, mais qui ne peut pas se voir. » Cette
métaphore est de moins
en moins valable avec l’apparition de
« médiateurs » prenant
en
compte les « critiques formulées par les
lecteurs sur tel ou tel aspect de
la couverture de l’actualité ».
« Les médias doivent
développer des
analyses sur leur propre fonctionnement, ne serait-ce que pour que nous
apprenions tous comment cela marche, et pour rappeler qu’ils
ne sont pas à
l’abri de l’inspection, de
l’introspection et de la critique ». Quant
aux
journalistes, voici ce à quoi ils doivent être
attentifs selon P. Bourdieu,
cité dans le livre : « le
maniement des mots. C’est à travers les
mots que les journalistes produisent des effets et qu’ils
exercent une violence
symbolique […]. Les journalistes, et c’est
là leur responsabilité, participent
à la circulation des inconscients. »
Fusion de
trois sphères
I. Ramonet exprime ici
l’idée que deux révolutions se
déroulent simultanément : une
révolution
technologique, et une révolution économique
qu’il appelle la « seconde
révolution capitaliste » qui se
caractérise « par la mondialisation
de l’économie et par la domination de la
sphère financière sur
l’économie
réelle » et qui s’appuie sur
« les autoroutes de l’information et les
changements survenus dans le champ de la
communication ».
« Nous avions
jusqu’à
présent trois sphères : celle de la
culture, celle de l’information et
celle de la communication », mais celles-ci ont
perdu leur autonomie et
fusionnent dans « une seule et même
sphère globale et universelle :
la world culture, d’inspiration
américaine, une sorte de communiculture
de masse planétaire ».
« L’information est bel et bien devenue,
avant
tout, une marchandise. Elle n’a pas de valeur
spécifique liée, par
exemple, à la vérité ou à
son efficacité civique. En tant que marchandise, elle
est en grande partie soumise aux lois du marché, de
l’offre et de la demande,
avant de l’être à d’autres
règles, civiques et éthiques, qui devraient
pourtant
être les siennes. » p.110
L’événement,
le journaliste et le citoyen
« jusqu’à
présent, la
relation informationnelle se présentait
schématiquement sous une forme
triangulaire. Elle était constituée de trois
pôles : l’événement,
le
journaliste et le citoyen. L’événement
était relayé par le journaliste qui le
vérifiait, le filtrait, l’analysait, avant de le
répercuter sur le citoyen.
Maintenant, ce triangle s’est transformé en un axe
avec, d’un côté,
l’événement
et, de l’autre, le citoyen. […] tous les
médias […] essaient de mettre directement
en contact avec
l’événement. »
Voir c’est
comprendre
« Les
médias, en
sacrifiant à l’idéologie du direct, du live,
de l’instantané, réduisent
le temps de l’analyse et de la
réflexion. » « Ce ne
sont pas les yeux
ou les sens qui permettent de comprendre, c’est la raison
seule. […] Le
système actuel ne peut donc que conduire à
l’irrationalité ou à
l’erreur. »
Trucages et
bidonnages
« recherche du
sensationnel à tout prix qui peut conduire à des
aberrations et à des
« bidonnages » ».
« Dans les communications de masse, les
« bidonnages » et les mensonges
ont toujours existé, mais leur nombre
s’intensifie » p.116
« Nul
n’a oublié les
passionnants récits de la guerre du Cambodge, entre
Vietnamiens et Khmers
rouges, publiés en 1981 par le New York Times,
racontés de la manière la
plus palpitante et la plus excitante par un reporter de terrain, le
jeune
Christopher Jones, 24 ans, et qui se
révélèrent totalement faux. Sans
s’être
rendu sur place, le brillant journaliste les avait écrits en
puisant dans sa
seule imagination, confortablement installé au bord de sa
piscine de Marabella
(Espagne). « J’avais fait un
pari », déclara-t-il en guise
d’explication. »
L’auteur relate ici un
certain nombre d’exemples stupéfiants,
qu’il est impossible de retranscrire ici
en intégralité… Un dernier quand
même : « En 1982, une journaliste
du Washington Post, Janet Cooke,
s’était vu attribuer le prix Pulitzer pour
un extraordinaire reportage sur le petit Jimmy, un
héroïnomane de 8 ans… qui
n’avait jamais existé. »
« William
Randolph
Hearst, le magnat de la presse américaine […]
avait coutume de dire à ses
journalistes : « N’acceptez
jamais que la vérité vous prive d’une
bonne histoire ». »
Mensonges et
show-business
Il est ici question d’un
journaliste de télévision allemand, Michael Born,
qui a réalisé plusieurs faux
documentaires à l’aide d’acteurs
« sur une prétendue section allemande du
Ku Klux Klan liée aux néonazis, sur des auteurs
de lettres piégées, sur des
traficants de cocaïne, sur un Australien chasseur de chats,
sur le travail des
enfants exploités dans le tiers-monde, sur des passeurs
d’immigrés clandestins
arabes… » Il dit
lui-même : « Les images ont
toujours menti […]
et elles mentiront toujours. ».
« Il a été condamné
à quatre ans de
prison ».
S’ensuivent encore
d’autres exemples fameux de mensonges médiatiques.
Ainsi, en France un
reportage au JT de 20h de TF1 montrait
« Régis Faucon et Patrick Poivre
d’Arvor faisant semblant d’interviewer M. Fidel
Castro, en remontrant des
extraits d’une conférence de presse dans laquelle
le leader cubain répondait à
d’autres questions et à d’autres
confrères. » p.127
Photos
truquées
« nous tenions
la
photo pour une preuve crédible, pour un reflet indiscutable
du réel. Tout cela
change avec les techniques numériques. »
« la
manipulation
peut […] être faite dans un sens malveillant,
comme le fit l’hebdomadaire Time,
aux Etats-Unis, en noircissant le visage d’O.J. Simpson
présenté en
couverture. »
« Plus on sera
immergé dans le monde des images, avertit Philippe
Quéau, […]plus il faudra
éviter de se laisser tromper par la
pseudo-évidence des sens. »
Temps
médiatique et temps politique
Le temps politique
« doit être lent pour permettre aux
passions de s’apaiser et à la raison
de s’imposer » alors que le temps
médiatique « a atteint la limite
extrême de la vitesse :
l’instantanéité. Le choc de ces deux
temporalités
favorise des dérapages qui peuvent se
révéler fort dangereux. »
L’auteur
parle ici de cas de lynchage médiatique pour de
présumés coupables mis en avant
par les médias, lors de l’attentat de 1996
à Atlanta notamment.
Le journaliste
instantanéiste
Aujourd’hui une
information n’acquiert pas sa valeur en fonction de sa
vérité, mais en fonction
de la rapidité avec laquelle elle est diffusée.
Ce qui conduit à
« oublier » de passer par la case
vérification et analyse avant
d’émettre une information.
« Pourtant, étymologiquement, le terme
« journaliste » signifie bien
« analyste d’un
jour ». »
Qu’est-ce que
la révolution numérique ?
« Cette
innovation
modifie profondément la profession […]
puisqu’il n’y a plus de dissemblances
entre le système textuel, le système sonore et le
système imagé »
L’information
est pouvoir
L’auteur rappelle ici que
l’accès à Internet ou au
téléphone n’est pas le même
pour tous et qu’il y a
bien un « risque qu’une nouvelle forme,
grave, d’inégalité entre les
êtres
humains demeure, celle d’un monde divisé en
info-riches et info-pauvres. »
p. 141
Vers la fin du
journal télévisé ?
A force de regarder, on
oublie qu’on peut être soi-même
regardé.
Roland BARTHES
Télépoubelle
« l’objet
de la
télévision se resserre […] autour
d’un centre d’intérêt
principal : la
télévision
elle-même. » avec notamment les
« émissions qui citent
l’histoire de la
télévision ». cf. Les
enfants de la télé
« elle est
tentée de
transformer en spectacle le malheur social » cf. les
« reality
shows ». « Aux
Etats-Unis, le talk-show le plus regardé
en
1997-1998 a été une émission
appartenant à ce genre [ la trash TV ] :
le Jerry Springer Show, avec 8 millions de
téléspectateurs chaque jour.
[…] Son idée est fort simple : mettre
face à face deux personnes qui ont
d’évidentes raisons de se détester, de
se haïr et les laisser s’affronter
(elles en arrivent souvent aux mains) devant le
public. » L’auteur raconte
ici l’une des émissions intitulée
« Maman, veux tu
m’épouser ? »
où sont présents Brenda, 32 ans qui
s’apprête à épouser Brian, 19
ans, le fils
de son ex-mari, mais aussi, évidemment, l’ex-mari
lui-même.
« Devant ce type
de
concurrence, même les chaînes les plus
sérieuses en viennent à proposer des
programmes empreints de sensationnalisme, et sont
entraînées dans l’escalade du
« Jamais vu à la
télé ». Ainsi, CBS a
diffusé en novembre 1998
[…] une euthanasie en direct […] Une mort live
à l’heure d’écoute
maximale. » « Le 30 avril 1998,
une station de Los Angeles n’a pas
hésité non plus à interrompre ses
émissions destinées aux enfants… pour
diffuser, en direct, le suicide d’un
désespéré […]
l’homme mettant le feu à ses
vêtements avant de se tirer un coup de fusil dans la
tête qui éclatait en
giclées de sang… ».
« En Thaïlande […], depuis que
le nombre de cas
de suicides a explosé en raison de la crise
économique, les programmes
d’information n’hésitent pas
à diffuser, à plusieurs reprises, au ralenti, les
chutes des malheureux qui se jettent du haut des
immeubles. »
Plutôt le
local que l’international
Les journaux
télévisés,
qui sont plutôt censés traiter du monde
extérieur, comme les globes terrestres
souvent présents lors des génériques
l’attestent, sont influencés par cette
télépoubelle « qui
s’intéresse plus au local
qu’à l’international, aux
individus plus qu’aux groupes, davantage au destin personnel
qu’aux destinées
collectives ». « Ce contenu fait
davantage preuve d’esprit de
clocher » (The Economist)
« Cela est confirmé en France par le
journal de 13 heures de TF1, présenté par
Jean-Pierre Pernaut […] Il donne la
priorité à la météo, aux
faits divers, aux problèmes concrets des gens, et
néglige l’international. »
Citation de l’intéressé :
« Le 13
heures est le journal des Français, qui s’adresse
en priorité aux Français et
qui donne de l’information en priorité
française… »
Analyse de François
Jost,
professeur à l’université
Paris-III : « c’est le journal de
la vox
populi. Il s’agit moins d’informer que
de répondre aux attentes du public.
[…] C’est aussi la négation de
l’info : de la météo aux
problèmes de la
vie quotidienne, on dit au public ce qu’il pense et ce
qu’il sait déjà. Ce
n’est pas de l’information, c’est de la
confirmation. »
Spectacle et
théâtralisation
« On peut sans
doute
situer ce tournant [imposition des lois du spectacle et de la
théâtralisation
aux médias] à l’après-guerre
du Vietnam (1962-1975). » Durant cette
guerre, les médias diffusèrent les
« souffrances des hommes au
combat » et des images qui
« confirmèrent le retournement de
l’opinion publique américaine contre les
responsables politiques. » Et
l’auteur ajoute : « Pour le
pouvoir, la télévision atteignait là
les
limites de sa liberté de montrer. »
Guerres
invisibles
« Depuis lors
[…] les
images de guerre ont fait l’objet d’un
contrôle strict. De certains conflits,
il n’y a tout simplement plus eu
d’images. » Par exemple : la
reconquête des Malouines par le Royaume-Uni en 1982,
l’invasion du Sud du Liban
par Israël, en 1982 également, ou
l’occupation de la Grenade par les Etats-Unis
en 1983. « Voilà qui est devenu une
norme : ne plus montrer les
guerres. Et, moins encore, celles dans lesquelles sont
impliquées les armées
occidentales. »
« Le professeur Mark
Cristin-Miller, de l’université de New-York le
confirme :
« « Tempête du
désert » a été une
opération de propagande d’une
dimension sans précédent. […] le
Pentagone a fait ses classes à la Grenade et
au Panama, et était finalement au point pour
« Tempête du
désert ». » »
« Un
gradé rappelle
que les médias les plus divers […] doivent
être mobilisés dans le but de
« dominer pour affaiblir » et
« faire douter de la cause
adverse, de la capacité de ses chefs, de leur
intégrité et de leur
habileté ». »
Le faux est
esthétique
Le réel n’est
pas
« très
télégénique » pour
les responsables des chaînes qui
« semblent convaincus que le vrai est difficilement
filmable, que seul le
faux est esthétique et se prête bien à
la mise en scène. » L’auteur
renvoie
ici à la mise en scène autour de Reagan en juin
1984 lors de la commémoration
du débarquement allié en Normandie, où
tout avait été
étudié :
« choix de l’heure en relation avec la
marée haute, position du soleil,
passage d’un croiseur en
arrière-fond »…
Comment
montrer live ?
« c’est
le direct,
l’instantané, qui crée
« l’illusion de
vérité ». »
« L’important pour le système
– explique Bernard Langlois ancien directeur
de Politis et ancien présentateur du
journal télévisé d’Antenne 2
– ce
n’est pas tant ce que vont dire leurs envoyés
spéciaux ; c’est qu’il
soient là-bas »
Personnaliser
la politique
« un parti, un
pays,
c’est un homme – son chef le plus souvent -, un
visage »
« Les chefs,
devenus
hommes-métonymies comme il y a des hommes-sandwiches, sont
convoqués dans les
studios, où on les fait parler. Le commentaire de leurs
propos tient lieu de
commentaire de la réalité
politique. »
« C’est
effectivement
la personne même qu’il s’agit de juger,
sa capacité à convaincre, sa
psychologie, son caractère, sa maîtrise, et non sa
politique. A ce titre, il
n’y a pas de différence entre une
émission « politique »
et une
émission grand public du samedi soir. Ce que jugent les
spectateurs, dans les
deux cas, c’est la performance en matière de
mentir-vrai »
La victime, le
sauveteur et le dignitaire
« Dans les
journaux
télévisés, les lois de la mise en
scène créent l’illusion du direct et
donc
celle de la vérité. […] Ici,
plus qu’ailleurs, se vérifie le savoureux
postulat d’Oscar Wilde : « La
vérité est purement et simplement une
question de style. » » L’auteur
dénonce ici le fait
que lors d’un événement
considérable
(attentat, catastrophes naturelles…), celui-ci est
relaté selon un scénario
immuable : d’abord un reporter sur le terrain qui
explique les circonstances,
parle des dommages et interroge un témoin, puis des images
des dégâts suivies
d’un témoignage d’une
autorité sur le terrain (police, pompier, peu importe
pourvu que l’uniforme soit là), et enfin
après de nouvelles images de ruines,
le témoignage d’une autorité
supérieure (maire, préfet, ministre…)
« La
télévision est
un art, et « l’affirmation de belles
choses inexactes le but même de
l’art ». »
Excréments
télégéniques
Lorsqu’un
événement est
prévu de longue date, la mise en scène
télévisuelle est à son
comble :
ainsi Umberto Eco évoque la retrasmission du mariage du
Prince Charles et de
Lady Diana le 29 juillet 1981 : « Ceux qui
ont regardé la télévision
ont remarqué que le crottin [des chevaux du
cortège] n’était ni sombre, ni
brun, ni inégal, mais se présentait toujours et
partout dans un ton pastel,
entre le beige et le jaune, très lumineux, de
façon à ne pas attirer
l’attention et à s’harmoniser avec les
couleurs tendres des habits féminins […]
les chevaux
royaux avaient
été nourris pendant une semaine avec des pilules
spéciales, pour que leurs
excréments.
Rien ne devait être
laissé au hasard, tout était dominé
par
la retransmission. » (Umberto Eco, La
guerre du faux)
Télévision
nécrophile
Hystérie
collective
On a découvert en
janvier
1990 « que les images atroces du charnier de
Timisoara, en Roumanie,
étaient le résultat d’une mise en
scène : les cadavres alignés sur les
draps blancs n’étaient pas les victimes du 17
décembre 1989, mais des morts
déterrés du cimetière des pauvres,
complaisamment offerts à la nécrophilie de
la télévision. »
La plus
importante tromperie
Cette expression désigne
« l’invention du faux charnier de
Timisoara ».
« En voyant les
cadavres de Timisoara sur le petit écran, on ne pouvait
mettre en doute les
« 60 000 morts » - certains
parlaient même de 70 000 - qu’aurait
provoqués en quelques jours l’insurrection
roumaine. » Dans une note de
bas de page (p.187) l’auteur explique :
« On sait, aujourd’hui, que
le nombre des morts – y compris les partisans de Ceaucescu -
n’a pas dépassé
1000 et que, à Timisoara, il était
inférieur à 100. »
L’auteur
dénonce la fausse
morale qui régnait alors :
« C’était insoutenable, mais
nous
regardions tout de même, comme par devoir, en pensant
à la phrase de Robert
Capa, le grand photographe de guerre :
« Ces morts auraient péri en
vain si les vivants refusent de les
voir. » »
Le
sensationnel à tout prix
L’auteur cite ici Bernard
Langlois : « Dans les conditions de
production actuelles […] les
reporters n’ont plus le temps d’enquêter,
de réfléchir, d’approfondir
[…] Et on
en arrive à ce paradoxe que, plus on communique, moins on
informe, donc plus on
désinforme. »
L’invasion du
Panama
Celle-ci était
contemporaine des événements de Bucarest, et a
causé environ selon l’auteur
2000 morts, civils pour la plupart. Pour autant, personne n’a
parlé de
« génocide
panaméen », et la raison en est
simple :
« l’armée américaine
n’a pas permis aux journalistes de filmer les
scènes
de guerre ». « Or, une guerre
« invisible »
n’impressionne
pas, ne révolte pas l’opinion
publique. »
Mythes et
analogie
Le mythe sur cette
« révolution
roumaine » était celui de la conspiration
des
« hommes de la Securitate »,
« décrits comme innombrables,
invisibles, insaisissables ; surgissant la nuit
[…] de souterrains
labyrinthiques et ténébreux ou de toits
inaccessibles ; des hommes
surpuissants, surarmés, principalement
étrangers »…
L’analogie dont parle
Ignacio Ramonet à propos de cette révolution
était celle qui assimile le
communisme au nazisme. (p. 195)
Communisme =
nazisme
L’auteur
développe l’idée
selon laquelle « ce qui avait
été une
« tragédie » pour des
millions de personnes ne pouvait s’achever sur des images
euphoriques »
(comme celles de la chute du mur de Berlin par exemple) :
« il fallait
des images tragiques » .
C’est cette logique qui
contribua à faire de la découverte de corps
près de Timisoara, la preuve des
terribles exactions d’un tyran.
« Mensongères, ces images
nécrophiles de
Roumanie étaient logiques ».
Trois
médiamythes : masque à gaz,
« Furtif », Patriot
« Le mythe est
un
mode de signification, c’est une parole, une
forme »
ROLAND BARTHES