Les nouveaux chiens de garde, Serge Halimi, Liber éditions (Raisons d’agir), 1997.

 

 

 

Rédacteur au Monde diplomatique, initiateur de PLPL et d'Acrimed, professeur à Paris VIII, Serge Halimi est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages dans lesquels il développe une critique acerbe du libéralisme (Quand la gauche essayait, Arléa, 2000 ; Le Grand Bond En Arrière - Comment L'ordre Libéral S'est Imposé Au Monde, Fayard).
Dans ce court ouvrage, il dénonce la soumission des médias à la pensée de marché et les réseaux de connivence qui structurent le monopole de l'information. On peut y voir un complément d'enquête à la pensée théorique que P. Bourdieu a développé dans Sur la télévision. Associées, ces deux pièces fournissent une arme efficace pour déconstruire l'hypocrisie médiatique et ses effets pervers. La verve stimulante est appuyée par de nombreux exemples précis et imparables. Ces prises en flagrant délit donnent à l'ouvrage un puissant potentiel polémique et subversif.

Ce texte est déjà un classique de la critique des médias, et le livre a été réédité en 2005. Pour ne pas faire d'ombrage à cette toute récente édition augmentée et actualisée, les extraits proposés sont tirés de la première édition (1997).

 

 

A livre ouvert

Pour éviter de céder à la paraphrase grossière, je me propose de présenter la structure de ce court ouvrage, et d'extraire les éléments que j'ai jugé les plus représentatifs des positions défendues par l'auteur. Rappelons néanmoins qu'il est toujours dangereux de sortir des phrases de leur contexte, et que cet aperçu partiel (et partial, comme on dit) ne remplace en rien une lecture personnelle du texte.

Les lignes qui suivent, ainsi que les mises en italique sont toutes tirées de l'ouvrage. Mes rares interventions sont entre crochets. Pour des raisons de lisibilité, le signe "_ " sera mis pour " (…) ".

 

 

 

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" Nous n'accepterons pas éternellement que le respect accordé au masque des philosophes ne soit finalement profitable qu'au pouvoir des banquiers " Paul NIZAN, Les chiens de garde, 1932.

 

Préface

 

p.9 _Le contre-pouvoir s'est assoupi. Et il s'est retourné contre ceux qu'il devait servir. Pour servir ceux qu'il devait surveiller.
p.10 Accès de franchise ou impudence, le journaliste le plus influent de France, Patrick Poivre d'Arvor, a un jour convenu du sens de sa mission : " Nous sommes là pour donner une image lisse du monde ".
p.11 La censure est cependant plus efficace quand elle n'a pas besoin de se dire, quand les intérêts du patron, miraculeusement, coïncident avec ceux de " l'information ". Le journaliste est alors prodigieusement libre. Et il est heureux. On lui octroie, en prime, le droit de se croire puissant. Fêtard sur la brèche du mur de Berlin qui s'ouvre à la liberté et au marché, petit soldat ébloui par l'armada américaine héliportant dans le Golfe persique la guerre " chirurgicale " et les croisés de l'Occident, grand avocat de l'Europe monétaire au moment du référendum de Maastricht_.

p.12 L'illusion d'un contre-pouvoir se cultive en général de deux manières. La plus spectaculaire renvoie à la tragédie, la vraie. Depuis dix ans, 173 journalistes ont été assassinés en Amérique latine, le plus souvent par l'armée, presque toujours dans l'impunité. _Ensemble, ces victimes du devoir d'informer alimentent la légende dorée dont sont friandes une profession normalisée et ses vedettes révérencieuses.
Les " chartes de déontologie " sont l'autre façon de celer l'évidence. _grand mythe de la profession _Car l'information est bien devenue un produit comme un autre. _
_un journaliste _dispose d'à peine plus de pouvoir sur l'information qu'une caissière de supermarché sur la stratégie commerciale de son employeur _Tant de stages, tant de précarité, tant de contrats à durée déterminée pour en arriver là : on se rêvait l'héritier de Bob Woodward, on est le tâcheron de Martin Bouygues.

 

1- Un journalisme de révérence

p.13 _dans les années 60, un ministre de l'Information qui pouvait, de son bureau, sonner les responsables de la radio et de la télévision _Conclusions suggérées : les temps ont changé, _ " la voix de la France s'est tue ". " Il faut avoir la mémoire courte pour ne pas s'exclamer sur le chemin parcouru depuis l'époque de l'ORTF ", Christine Okrent.
_ À défaut d'un coup de sonnette, c'est sans doute un coup de téléphone qui, en 1996, notifia à Christine Okrent que, pour avoir déplu au nouveau président de la République dont l'un des amis venait de devenir propriétaire de l'Express (Pierre Dauzier, PDG de Havas), elle se verrait sans délai congédiée de son poste de directrice de la rédaction de cet hebdomadaire. De très copieuses indemnités rendirent la chose moins douloureuse pour elle. Mais pas moins instructive pour les autres.

p.15 La France, après tout, est un pays où l'idée de faire interroger le président de la République par deux journalistes également femmes de ministres n'a pas paru extravagante. L'étranger, où l'on va toujours goulûment chercher les dernières philippiques contre nos " archaïsmes sociaux ", s'est déclaré étonné par ce type de pratique un peu féodale qui illustraient de manière sans doute trop voyante la réalité des rapports incestueux entre médias et pouvoirs.

Le fondateur du Monde, expliquait il y a fort longtemps que " le journalisme, c'est le contact et la distance ". Il ne reste plus guère que le contact.
La sonnette d'Alain Peyrefitte a été coupée. Il a cependant fallu attendre la fin du second septennat de François Mitterrand pour découvrir que l'ancien président de la République avait, sciemment et longtemps après la guerre, continué de fréquenter un haut dignitaire de Vichy_, qu'il avait envoyé à la guillotine des militants de l'indépendance algérienne et… qu'il avait un cancer depuis le début de son premier mandat.

 

p.17 Michel Field est le symbole le plus récent d'une génération de journalistes qui, à coups d'audaces très calculées, a réussi une assez belle reconversion du militantisme d'extrême gauche au centre-gauche médiatique.

p.18 _ journalisme de révérence.
p.19 Investi de tant de talents (philosophe, journaliste, éducateur, producteur), Jean-Marie Cavada n'hésite pas. Il pose la question que chacun attend : " Combien pouvez-vous me citer, M. Chirac, de variétés de pommes ? ". Ce fut drôle, impertinent même.

p.20 _le décès de François Mitterrand ensevelit la France sous un nouveau débordement d'immaturité journalistique et d'unanimisme fabriqué. _la droite ne l'avait jamais aimé parce qu'il lui avait ravi le pouvoir et qu'elle le croyait de gauche ; une bonne partie de la gauche s'en était détachée, ayant découvert son passé et se souvenant de son bilan. Or, _la quasi totalité des journalistes consacra à l'événement des heures d'antenne dévotes et des flots d'encre révérencieux. [Notons que les célébrations élogieuses qui inondèrent à nouveau le PAF à l'occasion des dix ans de la mort du prince renforcent le crédit de cette analyse.]
p.22 _13 janvier 1996, 13h, France2, reportage sur " Mitterrand et les chapeaux ", sujet jugé plus porteur que Mitterrand et les sicavistes (dont il avait accru la fortune) _.

p.23 Pendant la guerre du Golf, _ Presque unanimes, les hebdos, radios, télévisions firent chorus, se transformant en classe de recyclage pour officier au rancart vaincu en Algérie et soucieux de prendre, dans les médias, sa revanche sur les Arabes.
p.24 _journalistes parisiens comme Paul Amar s'échinaient à mettre pompeusement en scène des " conseils de guerre à l'Elysée " _gesticulations destinées à faire croire que la France " tenait son rang " _

p.25 La campagne du référendum sur le traité de Maastricht répéta les dérives observées pendant la guerre du Golfe.
p.27 Alors directeur du Monde, Jacques Lesourne prit la plume pour annoncer qu' " un non au référendum serait pour la France et l'Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l'arrivée de Hitler au pouvoir ".
p. 30 _le président de la République, qui venait fort opportunément d'annoncer qu'il souffrait d'un cancer découvert onze ans plus tôt_
p.31 " Si c'est non, il y aura une bourrasque monétaire. Si c'est oui, il y aura une baisse des taux d'intérêt ", avait promis Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Industrie. Ce fut " oui " : les taux d'intérêt montèrent.
Pierre Bérégovoy l'avait bien annoncé : " si l'on est bien informé, on doit choisir de voter oui ".

[Encore une fois, la décennie suivant la publication de ces lignes a donné raison à Serge Halimi : qui n'a pas repéré la propagande orchestrée par les média lors du référendum POUR le traité constitutionnel ?]

 

2- Prudence devant l'argent

p.33 Le 24 juillet 1993, TF1 ouvre son journal sur le décès de Francis Bouygues et y consacre vingt-cinq minutes dithyrambiques (" magnifique patron ", " bâtisseur infatigable ", " carrière sans précédent ".) Edouard Balladur et Jack Lang, alors habitués des plateaux de TF1, saluent la mémoire du " personnage hors du commun " qui a tant contribué au " rayonnement de notre pays ". _Les obsèques du très grand homme rassembleront, outre le premier ministre de l'époque, MM. Lang, Tapie, Delon et Lagardère, le président du Sénat et l'actuel président de la République.

p.40 _ le journaliste apprend à vivre dans un univers carnassier. Plus souvent gibier que chasseur.

 

3- Journaliste de marché

p.43 _pluralisme rabougri. _quand les journalistes se plagient, _ c'est souvent par paresse, par manque de compétence ou de culture, par absence de temps alloué au bon exercice de leur métier.
p.44 _écriture automatique, intellectuellement peu exigeante_

p.47 Les athlètes nationaux obtiennent-ils de mauvais résultats aux Jeux olympiques d'hiver ? Olivier Mazerolle, directeur de l'information de RTL, suggère une explication inattendue : " Les Français ne sont pas sportifs parce que nous avons l'habitude de l'Etat-providence. "

_rarement sans doute, les médias, qu'ils soient de droite ou qu'ils se disent de gauche, lui auront autant servi [à M. Bouygues] de ventriloque, d'orchestre symphonique au diapason des marchés qui scandent nos existences dans un monde sans sommeil et sans frontières.

p.49 _ les couvertures, suppléments et articles sont devenus interchangeables ; ce sont souvent les conditions d'abonnement - pour parler clair, la valeur du produit ménager offert avec le journal - qui déterminent le choix du client.

p.51 _les grands éditorialistes rêvent d'un affrontement politique circonscrit aux sempiternelles " questions de société ", dont la maîtrise approximative n'exige aucun travail régulier : valeurs, violence, famille, télévision, racisme, jeunesse ; naturellement chaque fois dépouillées de leurs contexte social.
_ Encore faut-il que les hommes politiques consentent à ce simulacre démocratique, cette nouvelle doctrine de la souveraineté limitée, et acceptent de réserver leurs affrontements aux questions accessoires.

p.53 Paul Nizan le disait déjà il y a plus de soixante ans : " M. Michelin doit faire croire qu'il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui. "

p.55 _blanchis sous le harnais de leurs erreurs accumulées, imperturbables, les mêmes chroniqueurs continuent à nous expliquer la marche du monde.

p.56 _quand un Robert Hue s'indigne que Pierre Suard " gagne un SMIC par heure ", une journaliste le morigène sur le champ : " Est-ce que ce n'est pas une façon rétrograde de voir les choses que de stigmatiser les patrons qui gagnent trop d'argent ? "
p.57 Mais après tout, un homme politique comme M. Barre s'est bien construit dans les médias toute une réputation de franchise et d'audace en glorifiant la fermeté salariale des patrons. Et en stigmatisant - entre deux assoupissements - l'indolence des chômeurs.

p.60 _" orthodoxie médiatique "
p.61 La confluence idéologique de la droite et d'une bonne partie de la gauche autour de priorités économiques à peu près identiques a beaucoup facilité l'orientation choisie par nombre de journalistes.

p.62 _ comment ne pas penser aux 120 000 francs par mois de la journaliste, Clair Chazal, qui interpelle ainsi Bernard Kouchner : " _n'êtes vous pas d'accord pour dire que'il y a des privilèges que la France ne peut plus se permettre ? ". Un jour, Le Nouvel Observateur dévoila l'existence à TF1 de six salaires annuels compris entre 2,8 millions de francs (Gérard Carreyrou) et 7, 3 millions de francs (Patrick Le Lay) en passant par 6 millions de francs pour Patrick Poivre d'Arvor. Or, dans une économie mondialisée sans cesse taraudée par notre besoin commun d'être plus compétitifs, ne pouvait-on pas trouver quelque part sur la planète un journaliste francophone aussi doué pour le commentaire politique que Gérard Carreyrou, et beaucoup moins cher ?

p.65 Vétéran et ancien médiateur du Washington Post, Richard Harwood : " _ Auparavant, les reporters avaient un niveau de vie légèrement supérieur à celui de leurs voisins de quartier, les ouvriers. Depuis les années 80, les reporters ont un niveau de vie légèrement inférieur à celui de leurs voisins de quartiers, les avocats et patrons._ Et leur vie quotidienne les rend effectivement beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs payés au salaire minimum. "

p.66 _vendre un journal deux fois, d'abord à l'annonceur, puis au lecteur.

p.68 _ les intellectuels de cour et d'écran [s'étaient] laissés séduire par une société qui leur permet de naviguer sereinement d'un colloque à une commission en attendant, comme les autres rentiers, de gagner le soir de l'argent en dormant.

 

[Analyse de la " mise en musique idéologique " de 1995, ou comment les médias ont décrédibilisé les mouvements sociaux :]

p.69 M. Giesbert fulmina dans Le Figaro : " Les cheminots et les agents de la RATP rançonnent la France pour la pressurer davantage. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : de corporatisme, c'est-à-dire de racket social ".
p.70 La langue de bois des Importants venait de laisser voler ses plus jolis copeaux : d'un côté - celui du pouvoir et de l'argent - le " courage " et le sens des " réalités " ; de l'autre - celui du peuple et de la grève - les " fantasmes " et l'" irrationnel ". Ce mouvement social aurait-il l'impudence de remettre en cause vingt années de pédagogie de la soumission ?

p.72 Sur France Info, à TF1 et ailleurs : " kilomètres de bouchon ", des " usagers à bout ", des " feux du désespoir sur le périphérique ", des " entreprises au bord de l'asphyxie ", " des embauches qu'on ne va pas faire "
_ " Christian, SDF de 56 ans, qui rumine sa colère. La grève des transports et la fermeture des stations de métro à Paris ont jeté dans la rue des hordes de laissés-pour-compte. "
p.73 Les " exclus " contre les grévistes_
Claire Chazal : " Avant d'évoquer la paralysie des transports et la crise dans laquelle s'enfonce notre pays, évoquons l'histoire heureuse de ce gagnant du loto ".

Rien n'y fit_ les Français solidaires_

MM. Kouchner, Madelin et Strauss-Kahn furent de tous les débats, tous aussi ennuyeux qu'un jour sans grève.

p.74 M. Barre avait annoncé : " Au prix de sacrifices, les êtres humains s'adapteront ". Cette fois l'" incontournable " fut contourné : les cheminots et les agents de la RATP triomphèrent des affidés de M. Barre.

Jacques Julliard_ éditoriaux rageurs dans Le Point pour venir à bout de " toute cette déprime que nous venons de vivre ".
" Nous " ?

 

4- Un univers de connivences

p.75 _ trust d'environ trente associés_ inévitables et volubiles_ ils s'entreglossent_
p.76 _ consensus bourgeois_ solidarité organique.
p.78 _ Chacun est ainsi en quelque sorte l'employeur de l'autre.
p.79 " relations d'interconnaissance "_ disposer d'une tribune garantit presque qu'on s'en verra proposer une autre.
p.80 _ cardinaux de la pensée unique
_profession sinistrée par le chômage_ interdit à quiconque de dénoncer ces privilèges.
p.81_ confluence idéologique qui, depuis quinze ans déporte la vie politique vers la droite_
Lucide et cynique, Alain Minc a expliqué : " Le système médiatique sécrète une concentration du pouvoir auprès de laquelle l' " accumulation du capital " chère à Marx représente une bluette. Un tri s'est effectué qui n'a profité qu'à une poignée d'intellectuels ". Mais qui trie ? Et qui a trié Alain Minc ? Ou Bernard-Henri Lévy ?

p.85 Aux Etats-Unis, certains quotidiens " interdisent formellement " à leur rédaction en chef de confier la critique d'un livre à quiconque connaît l'auteur.

p.87 Sciences-Po est une pépinière de journalistes, futurs et anciens. Anne Sinclair a expliqué : " Avec Alain [Duhamel], on se connaît depuis vingt ans. Il a même été mon examinateur à Science-Po. Alors c'est dire que c'est de la vieille camaraderie. "
p.91 Jean-Claude Casanova, professeur à Science-Po : " Voulez-vous que vos enfants fassent d'excellentes études, qu'ils entrent à Science-Po ? […]. Eh bien ! Confiez-leur le Imbert dès la classe de terminale et dites-leur simplement ce qu'on ne dit plus assez : s'instruire, c'est imiter. "

p.89 Un ouvrage dont l'auteur est une sommité médiatique n'affrontera jamais le feu d'une honnête critique. Les cumuls de tribune et les " courtoisies croisées " lui serviront de parapet. A la rigueur on entendra au loin quelques tirs de francs-tireurs, mais toujours recouverts par le tonnerre des applaudissements mercenaires.

p.93 _ les jurys littéraires où chacun se retrouve. C'est ainsi : la profession est, disons… grégaire.
p. 95 la Fondation Saint-Simon_ lieu de rencontre_ depuis quinze ans, gauche moderne et droite modérée s'y croisent. _ PDG_ industriels_ journalistes.

 

p.103 [Derniers mots du livre]

Face à ce que Paul Nizan appelait " les concepts dociles de la pensée bourgeoise ", la lucidité est une forme de résistance.

 

 

 

> S.Halimi

 

Sur simple demande de l'auteur ou de l'éditeur, cette page sera retirée.

 
 

Lire aussi : 

- Sur la télévision, P. Bourdieu

- Rester critique face à la critique des médias : entretien avec Philippe Corcuff.

  

 

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