Douce France...

 

 

La France et sa colonie algérienne :

 

- 1862 : la Cour d’Alger déclare que " tout en n’étant pas citoyen, l’indigène est français ", curiosité juridique qui distingue nationalité et citoyenneté (cité par D.Schnapper, dans La communauté des citoyens, 1994, Ch.4).

 

- 8 mai 1945, Massacre de Sétif : Les autorités françaises craignent de voir dégénérer la manifestation indépendantiste organisée par les militants du PPA (Parti Populaire Algérien). Le gouvernement français envoie l'armée, sous le commandement du général Duval. Dans une répression violente contre la population civile, des navires de guerre tirent et l'aviation bombarde la population de Sétif. 10 000 soldats sont engagés dans une véritable opération militaire, issus de la Légion étrangère, des tabors marocains, des tirailleurs sénégalais et algériens. En outre, des milices se forment sous l'œil bienveillant des autorités, et se livrent à une véritable chasse aux émeutiers. Le général Duval déclare que " Les troupes ont pu tuer 500 à 600 indigènes. " Le nombre de victimes est aujourd’hui estimé à 30 000 morts. Le drame est passé inaperçu dans l'opinion métropolitaine. Le quotidien communiste L'Humanité assure alors que les émeutiers étaient des sympathisants nazis ! Il faudra attendre le 27 février 2005 pour que, lors d'une visite à Sétif, M. Hubert Colin de Verdière, Ambassadeur de France à Alger, qualifie les  " massacres du 8 mai 1945 de tragédie inexcusable. " Cet évènement constitue la première reconnaissance officielle de sa responsabilité par la République française. (Détails)

 

- 17 octobre 1961 : A Paris, une manifestation non-violente est organisée par les " FMA " (Français Musulmans d'Algérie) contre le couvre-feu qui leur est imposé. 7 000 policiers prennent position. Selon la version officielle, il y eut deux morts, en fait plusieurs centaines. Et Maurice Papon (préfet de police de la Seine) de déclarer : " La police a fait ce qu’elle devait faire ".

> acontresens.com/contrepoints/histoire/5.html
> ldh-toulon.net/article.php3?id_article=99
> 17octobre1961.free.fr

 

- 8 février 1962, Métro Charonne : un rassemblement pacifique est organisé par les milieux de gauche place de la Bastille à Paris, pour protester contre la vague d’attentats commis par l’OAS en Algérie comme en métropole. 2845 CRS, policiers et gendarmes sont au rendez-vous et encerclent le quartier de la Bastille. Les heurts débutent : les forces de l’ordre matraquent non seulement des manifestants, mais aussi des passants, jusqu'à l’intérieur des cafés et des stations de métro. Rue de Charonne, les organisateurs ordonnent la dispersion, mais les forces de l’ordre chargent la foule qui, prise de panique, s’engouffre dans la station de métro la plus proche. Les gens trébuchent dans les escaliers, s’entassent et étouffent. Réaction des policiers : frapper, insulter et même jeter des grilles en fer qu’ils trouvent au pied des arbres. Bilan : 8 morts, dont un manifestant de 15 ans. 7 sont morts par étouffement, un par blessures graves résultant de coups portés à la tête.

 

- 26 mars 1962, Fusillade rue d’Isly : A Alger, dans le quartier de Babel oued, occupé par l’armée française, une manifestation pacifiste de Français a lieu. L’armée française a pour mission de tenir le quartier encerclé. Dirigée par un jeune Kabyle et composée entre autre d’algériens musulmans, elle reçoit des ordres clairs : " Si les manifestants insistent, ouvrez le feu. " La troupe tire sur la foule pendant douze minutes. 90 morts (presque tous du côté des civils algérois), dont une fillette de 10 ans.

> http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=104

 

- On estime à 150 000 le nombre de Harkis tués en 1962.

 

 

La France et les Français :

 

- 27 juillet 1872, le service militaire est rendu obligatoire (cinq ans). Cette mesure, décidée au lendemain de la Commune de Paris, a pour but explicite le redressement moral des couches populaires.

 

- Jules FERRY a dit : " S'il convient à l'Etat de rétribuer les professeurs ce n'est pas pour créer ni répandre des vérités scientifiques ; ce n'est pas pour cela qu'il s'occupe de l'éducation : il s'en occupe pour y maintenir une certaine morale d'Etat. " (le 26 juin 1879, à la chambre des députés)

 

- " Les déportés de la Creuse " : De 1963 à 1980, 1 630 enfants de 7 à 14 ans ont été " transférés " par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de la Réunion en métropole. Un transfert que l'Association des Réunionnais de la Creuse qualifie de "déportation". Michel Debré, alors député de l’île, entendait ainsi repeupler les départements de la Creuse, du Gers et de la Lozère. Commandé par Elisabeth Guigou à l'époque où elle était ministre des affaires sociales et remis en octobre 2002, un rapport de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), fait porter la responsabilité de l'initiative au seul département de la Réunion. L’Association et Me Gilbert Collard assignent l'Etat devant le tribunal administratif de Limoges pour "violation des lois sur la famille et sur la protection de l'enfance, violation des conventions internationales, non-respect des droits de l'enfant". (août 2005)

>http://ecolesdifferentes.free.fr/REUNION.html

 

 

 

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 Voir aussi :

- Essais nucléaires de la France
(Comment la France est passée outre l’interdiction internationale jusqu'en 1996. La Polynésie Française possède aujourd’hui un des plus hauts taux de cancer au monde.)

 
Mise au point sur quelques "bavures"