Adressée le 15 mars 2005, par 250 étudiants du supérieur, au Premier Ministre Ariel Sharon, au Ministre de la Défense Shaul Mofaz, au chef d’état-major des FDI Moshe Yaalon, ainsi qu’à la Ministre de l’Education Limor Livnat.
Nous, garçons et filles, citoyens d’Israël,
qui croyons aux valeurs de la démocratie, de l’humanisme
et du pluralisme, déclarons par la présente que nous
refuserons de participer à la politique d’occupation et de
répression pour laquelle le gouvernement israélien a
opté. Nous venons d’horizons divers, mais nous tombons
tous d’accord que les valeurs suivantes sont la base d’une
société juste : chaque individu a droit à des
principes de base, le droit à la vie, à
l’égalité, à la dignité et à
la liberté. Il est du devoir de notre conscience, de notre
devoir civique, d’agir pour la défense de ces droits en
refusant de participer à la politique d’occupation et de
répression.
L’occupation entraîne tant la déchéance de la
dignité humaine qu’une perte massive de vies humaines.
Elle affecte les droits de base de millions de personnes, et cause
chaque jour la mort et la souffrance. Elle conduit à la
confiscation de terres, à la démolition massive de
maisons, à des arrestations et à des exécutions
extrajudiciaires, à de mauvais traitements et au meurtre
d’innocents, à la faim, à la privation de soins
médicaux, à des punitions collectives, à la
construction et à l’expansion des colonies juives.
L’occupation empêche toute possibilité de mener une
vie normale dans les Territoires Occupés et en Israël.
Cette privation flagrante des droits humains va à
l’encontre de toute notre philosophie mais aussi des conventions
internationales qu’Israël a signées et
ratifiées.
L’occupation ne contribue pas à la sécurité
de l’Etat et de ses citoyens, bien au contraire elle soutient le
terrorisme et augmente le cycle de la violence. Une vraie
sécurité sera obtenue seulement par la fin de
l’occupation, par un accord entre l’Etat
d’Israël et le gouvernement du peuple palestinien, accord
incluant l’ensemble du monde arabe.
La politique actuelle n’est pas issue de la
nécessité de se défendre, mais plutôt
d’une vision du monde nationaliste et messianique.
L’occupation corrompt la société
israélienne, elle la rend militariste, raciste, chauvine et
violente. Israël est en train de perdre ses ressources en
perpétuant l’occupation et la répression dans les
Territoires Occupés, alors que des centaines de milliers de
citoyens israéliens vivent dans une pauvreté honteuse.
Les citoyens font l’expérience du déclin de toutes
les institutions publiques durant ces dernières années.
L’éducation, la santé, les infrastructures, les
allocations, les acquis sociaux et tout ce qui a trait au
bien-être des citoyens israéliens est
négligé en faveur du soutien des colonies, que la
majorité veut voir démanteler. Nous ne pouvons demeurer
passifs face à cette situation, qui constitue la «
liquidation ciblée » du principe
d’égalité.
Nous voulons que la société dans laquelle nous vivons
recherche la justice, et soutienne l’égalité pour
chaque individu et chaque citoyen. La politique d’occupation et
de répression est un obstacle à la réalisation de
cette vision, et nous refuserons d’y participer. Nous
désirons apporter notre contribution à la
société d’une manière différente, qui
ne nous entraîne pas à faire du mal aux êtres
humains.
Nous en appelons à tous les jeunes qui attendent leur ordre de
marche, et à tous les soldats de l’armée
israélienne de reconsidérer s’ils veulent risquer
leur vie pour participer à la politique de répression et
d’occupation.
Nous croyons qu’il existe un autre chemin.
« Nous soussignés, anciens pilotes et pilotes encore en activité, qui avons servi et continuerons à servir l’Etat d’Israël, de nombreuses semaines chaque année, refusons d’obéir à des ordres de mission illégaux et immoraux, du type de celles effectuées par Israël dans les territoires. »
Dan Halutz, commandant en chef de l’armée de l’Air : « Les pilotes qui refusent d’obéir aux ordres devront affronter la loi. (…) Il n’existe aucune armée plus humaine et morale que nous. (…) Le refus de servir constitue la mère de tous les dangers pour notre peuple. »
Solidaire des Israéliens Contre l’Occupation